« Les Nouvelles Antigones » à Tunis du 13 au 16 décembre

L’Art Rue accueille du 13 au 16 décembre prochain la manifestation « Les Nouvelles Antigones » à Tunis. 

Tunis

Entre politique et artistique, ce projet veut donner à entendre la parole libre ou la prose sauvage et poétique des bloggeuses de Méditerranée, les Antigones du XXIe siècle.
Ces dernières années, le chaos et la confusion ont semblé gagner du terrain sur les rives de la « Mare Nostrum ». Entre guerre, terrorisme, crise économique, sans parler du drame des naufrages de migrants, la Méditerranée est devenue un immense cimetière.
Pourtant, il y a une société civile, où les femmes jouent un rôle de premier plan. Des femmes qui se battent encore pour la liberté d’expression, les droits humains, la dignité, et qui font entendre leur voix via les nouveaux médias ou le blogging. Ce sont ces femmes, cyber-activistes ou poétesses, qui dénoncent les injustices, informent, créent, en un mot qui résistent.
Les Nouvelles Antigones, projet produit et conçu Par Sublimes Portes, est une tentative de comprendre le monde dans lequel nous vivons, en l’observant à travers le regard singulier des femmes des sociétés méditerranéennes qui remettent la parole au cœur de la Cité. 

Au programme, ateliers, tables-rondes et concert :

  • 2 tables-rondes vendredi 16 décembre à L’Art Rue
    • 14h – « Féminismes en Méditerranée » : avec Wassila Tamzali (Algérie), Sana Ben Achour (Tunis, Association Beity), Bochra Triki (Tunis, Association Chouf)
    • 17h – « L’écriture au féminin comme résistance »  : avec Naïla Mansour (Syrie), Abir Kopty (Palestine), Amal Claudel (Tunis, Association Chmal)
  • un concert, « La Nuit d’Antigone », vendredi 16 décembre à 20h au Théâtre El Hamra (entrée libre) : avec Sylvie Paz (chant), Naissam Jalal (flûte), Perrine Mansuy (piano), Anne-Laure Bourget (percussions), DJ Ipek Ipekçioglu (Design sonore) / Lecture par la comédienne Darina al Joundi.
  • Soirée DJ (électro) avec DJ Ipek vendredi 16 décembre à 23h au Yüka (Hötel Ardjan – Zone touristique de Gammarth)
  • 3 workshops du 13 au 15 décembre à L’Art Rue :
    • en écriture avec la romancière libanaise Najwa Barakat
    • en DJ-ing avec la berlinoise DJ Ipek Ipekçioglu
    • en blogging avec l’activiste palestinienne Abir Kopty

L’Art Rue est une association tunisienne porteuse de projets artistiques citoyens et innovants en espace public, en articulation avec le territoire. L’association aide à décloisonner les quartiers, les communautés créant du lien social entre des groupes et des individus qui ne se côtoient pas spontanément. Forte de 10 ans d’expérience reconnue, l’association est un laboratoire d’exploration des possibles, d’encouragement à l’expression artistique.

Contact :

L’Art Rue – Dar Bach Hamba (médina de Tunis)
Tél.: +216 71 323 315
+216 29 212 775
communication.lartrue@gmail.com

 

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Et maintenant, l’espoir

Kübra Gümüşay est une journaliste germano-turque et blogueuse de 26 ans. Elle vit actuellement à Oxford, en Grande-Bretagne. Ce texte a été publié dans le journal allemand Die Zeit le 15 janvier dernier, puis sur le blog de Kübra Gümüşay.

Auparavant, nous, les musulmans, devions nous justifier suite à des actes terroristes. Mais quelque chose a changé.

« Non, pas encore ça ! », ai-je pensé quand j’ai appris la nouvelle des meurtres de Paris et que l’on a su que les criminels étaient des islamistes. Ils avaient instrumentalisé ma religion au profit de leur idéologie misanthrope. Et ils avaient conforté la peur de ceux qui voient l’islam comme une menace pour l’Europe. Je me suis sentie démunie. Les musulmans allaient-ils à nouveau être systématiquement considérés comme suspects ? Allaient-ils être attaqués de manière encore plus violente qu’auparavant ? Est-ce que j’allais être à nouveau obligée de souligner que la liberté d’expression est aussi un droit fondamental pour moi ? J’ai vécu et revécu cette situation depuis le 11 septembre 2001. J’ai dû me distancier de prétendus frères de confession et clamer le plus évident : que je ne sympathise pas avec ces fous d’Al-Qaïda, de l’Etat islamique ou avec de quelconques prédicateurs de haine. Lire la suite

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Une femme émiratie bombarde l’Etat islamique : féminisme ou pas ?

Abir Kopty est une activiste et blogueuse palestinienne. Originaire de Nazareth, elle a vécu à Haïfa et Ramallah. Elle prépare actuellement une thèse à Berlin. Elle a publié ce texte, écrit en arabe, le 26 septembre 2014 sur son blog.

Certains se sont vraiment enthousiasmés pour cette pilote émiratie dont les photos ont envahi le net. La légende des photos disait qu’elle avait participé aux bombardements contre « l’Etat islamique » (Daesh) en Syrie, dans le cadre de la guerre que mènent les Etats-Unis et leurs alliés contre l’organisation djihadiste. Beaucoup ont même été émus par cette histoire et ont salué la jeune femme. A l’origine, ces photos ont été officiellement diffusées par l’agence de presse émiratie. Le but de la publication de ces images est évident. Elles montrent une femme engagée dans l’armée de l’air, qui participe à la guerre : elle incarne l’inverse de la doctrine de l’Etat Islamique, qui opprime la femme et sa liberté. Sous la photo diffusée sur les réseaux sociaux, on pouvait lire cette légende en anglais : « Salut Daesh, vous avez été bombardés par une femme, bonne journée ! » Le monde « éclairé » où les femmes vivent en toute égalité avec les hommes, s’oppose au monde « arriéré » où les femmes sont opprimées. Mais en réalité, ce que Daesh fait aux femmes et cette image sont les deux faces d’une même pièce.

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